L’indicateur 22 clôture le Critère 5 — Qualification et développement des connaissances et compétences des personnels. Là où l’indicateur 21 vérifie que les compétences sont identifiées, mobilisées et évaluées, l’indicateur 22 va plus loin : il exige que l’organisme entretienne et développe activement ces compétences. La logique est celle d’une amélioration continue appliquée aux ressources humaines. Un prestataire qui se contente de recruter des profils qualifiés sans investir dans leur progression ne répond pas à l’exigence du référentiel.

Cet indicateur traduit une conviction fondamentale du référentiel Qualiopi : la qualité des prestations dépend directement de la dynamique de professionnalisation du personnel. Les compétences se dégradent si elles ne sont pas entretenues, et les évolutions réglementaires, pédagogiques et technologiques imposent une actualisation permanente. Pour une vue d’ensemble de tous les indicateurs, consultez notre guide complet des 32 indicateurs Qualiopi.

Ce que dit le référentiel

Texte officiel — Indicateur 22

Le prestataire entretient et développe les compétences de ses salariés, adaptées aux prestations qu'il délivre.

La formulation met en évidence deux actions complémentaires. Entretenir signifie maintenir à niveau les compétences existantes face aux évolutions du secteur. Développer implique d’acquérir de nouvelles compétences pour répondre aux besoins émergents ou diversifier les prestations. L’auditeur vérifiera que ces deux dimensions sont prises en charge par des leviers concrets de formation et de professionnalisation, mobilisés pour l’ensemble du personnel concerné.

Ce que l’auditeur attend concrètement

En pratique, l'auditeur cherche à valider ceci

L'organisme mobilise des leviers concrets de formation et de professionnalisation pour l'ensemble de son personnel. Trois dimensions sont particulièrement examinées.

1. Existence d'un plan de développement des compétences

L'auditeur attend un document structuré identifiant les besoins de développement pour chaque collaborateur ou catégorie de personnel, les actions prévues (formations, tutorat, échanges de pratiques) et un calendrier de mise en oeuvre. Ce plan ne doit pas être un voeu pieux mais un outil de pilotage effectivement suivi et actualisé.

2. Mobilisation effective des leviers de formation

L'auditeur vérifiera que les actions prévues sont effectivement réalisées. Formations internes ou externes suivies, participations à des conférences, recherches-actions, communautés de pairs, certifications obtenues : chaque levier mobilisé doit être documenté avec des justificatifs datés.

3. Couverture de l'ensemble du personnel

Le développement des compétences ne peut concerner uniquement les formateurs. L'auditeur s'assurera que l'ensemble du personnel impliqué dans les prestations bénéficie de cette dynamique : équipe pédagogique, personnel administratif en contact avec les bénéficiaires, référent handicap, encadrants.

Applicabilité par type de prestation

AFC

Obligatoire

CBC

Obligatoire

VAE

Obligatoire

CFA

Obligatoire

Spécificités selon le contexte

Nouveaux entrants — Progressivité attendue

Pour les organismes nouvellement certifiés, l'auditeur vérifiera lors de l'audit initial que le formalisme est en place : plan de développement rédigé, premiers entretiens réalisés, actions identifiées. Lors de l'audit de surveillance, il s'assurera que ce plan a été effectivement mis en oeuvre. La certification ne demande pas la perfection immédiate mais une dynamique engagée et documentée.

Indépendants — Documentation personnelle

Les formateurs indépendants sans salariés doivent documenter leur propre démarche de développement. Formations suivies, webinaires, lectures professionnelles, participation à des réseaux d'échange de pratiques, certifications obtenues : tout levier de professionnalisation compte, à condition d'être tracé. L'auditeur attend la preuve d'une dynamique active, pas nécessairement un plan formalisé complexe.

Preuves attendues

L’auditeur s’appuiera sur des éléments concrets pour évaluer votre conformité. Voici les principales catégories de preuves à préparer, organisées par nature.

1

Plan et pilotage

Plan de développement des compétences formalisé et actualisé, documentation des dispositifs de formation interne et externe, budget formation le cas échéant, tableaux de bord de suivi des actions réalisées.

2

Justificatifs individuels

Justificatifs de qualification et de développement des compétences de chaque intervenant : attestations de formation, certificats obtenus, diplômes complémentaires, preuves de participation à des actions de professionnalisation.

3

Entretiens et bilans

Comptes rendus d'entretiens professionnels datés et signés, bilans de compétences le cas échéant, fiches de suivi des objectifs de développement, évaluations à chaud et à froid des formations suivies par le personnel.

4

Dynamique collective

Preuves de participation à des recherches-actions, communautés de pairs, groupes d'analyse de pratiques, conférences ou colloques professionnels. Comptes rendus de réunions pédagogiques dédiées au partage de compétences.

Checklist de conformité

Point de contrôleOK
1Un plan de développement des compétences est formalisé, couvrant l'ensemble du personnel impliqué dans les prestations, avec des actions identifiées et un calendrier
2Des entretiens professionnels sont réalisés régulièrement avec chaque collaborateur, documentés par des comptes rendus datés et signés intégrant les objectifs de développement
3Les actions de développement des compétences sont effectivement réalisées et documentées (attestations, certificats, preuves de participation à des dispositifs de professionnalisation)

Nos conseils pratiques

Structurez un plan de développement clair

Votre plan de développement des compétences n'a pas besoin d'être un document complexe. Un tableau identifiant pour chaque collaborateur ses compétences actuelles, les besoins de développement identifiés, les actions prévues et leur état d'avancement suffit. L'essentiel est que ce document soit vivant, actualisé régulièrement et utilisé comme outil de pilotage effectif.

Faites des entretiens professionnels un levier

Les entretiens professionnels sont une obligation légale, mais aussi un outil stratégique pour l'indicateur 22. Structurez-les autour de trois temps : bilan des compétences mobilisées sur la période écoulée, identification des besoins de développement, et planification des actions à engager. Conservez des comptes rendus datés et signés par les deux parties.

Archivez toutes les attestations

Chaque formation suivie, chaque certification obtenue, chaque participation à un colloque ou à un groupe d'échange de pratiques doit être documentée et archivée. Créez un dossier "développement des compétences" par collaborateur, alimenté au fil de l'eau. Le jour de l'audit, vous pourrez démontrer instantanément la réalité de votre démarche de professionnalisation.

Faites de la formation continue un atout

La politique de formation continue de votre organisme constitue un argument de crédibilité puissant face à l'auditeur. Elle démontre que vous appliquez à votre propre structure les principes que vous défendez auprès de vos bénéficiaires. Si vous êtes indépendant, documentez votre propre parcours de formation : webinaires, MOOC, lectures professionnelles, réseaux de pairs.

Non-conformités : ce qui fait échouer l’audit

L’indicateur 22 ne prévoit que des non-conformités majeures. Toute défaillance constatée sera donc directement qualifiée de majeure, ce qui impose un traitement correctif dans un délai de 3 mois maximum.

Non-conformité majeure

Plan de développement inexistant ou partiel : l'organisme ne dispose d'aucun plan de développement des compétences, ou celui-ci ne couvre qu'une partie du personnel. L'auditeur constate l'absence de vision structurée sur la professionnalisation des équipes, ce qui remet en question la capacité de l'organisme à maintenir la qualité de ses prestations.

Absence d'entretiens professionnels : aucun entretien professionnel n'a été réalisé ou les comptes rendus sont inexistants. L'auditeur ne peut vérifier que les besoins de développement ont été identifiés au niveau individuel, ce qui prive la démarche de tout ancrage concret.

Développement insuffisant ou non documenté : les actions de développement des compétences sont trop rares, non tracées ou sans lien avec les prestations délivrées. L'organisme ne peut démontrer une dynamique réelle de professionnalisation de son personnel, les quelques actions isolées ne constituant pas une démarche structurée.

Questions fréquentes

Comment prouver le développement des compétences des salariés pour l’indicateur 22 Qualiopi ?

L’auditeur attend un faisceau de preuves cohérent : un plan de développement des compétences formalisé et actualisé, des comptes rendus d’entretiens professionnels structurés, des attestations de formation continue, des justificatifs de participation à des dispositifs de professionnalisation (recherches-actions, communautés de pairs, colloques). L’ensemble doit démontrer une démarche active et continue, pas une action ponctuelle réalisée avant l’audit.

L’indicateur 22 s’applique-t-il aux formateurs indépendants sans salariés ?

Oui, l’indicateur 22 s’applique à tous les prestataires sans exception, y compris les indépendants. Un formateur solo doit documenter sa propre démarche de développement de compétences : formations suivies avec attestations, webinaires et MOOC complétés, lectures professionnelles, participation à des réseaux d’échange de pratiques, certifications obtenues. L’auditeur n’attend pas un plan formalisé complexe mais la preuve d’une dynamique active et régulière de professionnalisation personnelle.

Quelle est la différence entre les indicateurs 21 et 22 de Qualiopi ?

L’indicateur 21 porte sur la détermination, la mobilisation et l’évaluation des compétences existantes des intervenants : l’organisme sait-il quelles compétences sont nécessaires et vérifie-t-il que ses intervenants les possèdent ? L’indicateur 22 concerne le développement et l’entretien de ces compétences dans le temps : l’organisme investit-il activement dans la progression de son personnel ? Le premier vérifie l’adéquation à un instant donné, le second s’assure d’une dynamique d’amélioration continue.

Les entretiens professionnels sont-ils obligatoires pour l’indicateur 22 Qualiopi ?

Les entretiens professionnels constituent l’un des leviers les plus scrutés par l’auditeur pour cet indicateur. Au-delà de l’obligation légale (tous les deux ans pour les salariés), ils représentent le moment privilégié pour identifier les besoins de développement, formaliser un plan d’action individuel et tracer la progression de chaque collaborateur. L’auditeur attend des comptes rendus datés, signés par les deux parties, intégrant les objectifs de développement et les actions prévues.

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Mehdi Joyen
Mehdi Joyen

Expert en certification Qualiopi et fondateur de CertiFlash. Accompagne les organismes de formation vers l'excellence et la conformité.