L’indicateur 16 du référentiel Qualiopi porte sur un enjeu déterminant pour tout organisme proposant des prestations certifiantes : s’assurer que les conditions de présentation des bénéficiaires aux certifications respectent les exigences formelles de l’autorité de certification. Il clôture le Critère 3 — Accueil, accompagnement, suivi et évaluation des bénéficiaires et constitue le dernier maillon de la chaîne de conformité avant l’évaluation finale des candidats.

Cet indicateur concerne les actions de formation certifiantes (AFC), l’accompagnement VAE et les CFA. En revanche, les bilans de compétences (CBC) ne sont pas concernés. Il est étroitement lié à l’indicateur 3 (taux d’obtention) et à l’indicateur 7 (contenus et modalités de certification), qui portent également sur le périmètre des certifications professionnelles. Pour une vue d’ensemble de tous les indicateurs, consultez notre guide complet des 32 indicateurs Qualiopi.

Ce que dit le référentiel

Texte officiel — Indicateur 16

Lorsque le prestataire met en oeuvre des prestations conduisant à une certification professionnelle, il s'assure que les conditions de présentation des bénéficiaires à la certification respectent les exigences formelles de l'autorité de certification.

L’exigence est précise : l’organisme doit démontrer qu’il connait et applique les règles définies par le certificateur pour la présentation des candidats. Cela couvre les conditions d’inscription, les modalités d’évaluation, les délais à respecter, les documents à fournir et les éventuels aménagements pour les personnes en situation de handicap. L’auditeur vérifie que l’organisme ne se contente pas de préparer les candidats sur le plan pédagogique, mais qu’il maitrise également le cadre réglementaire et administratif de la certification visée.

Ce que l’auditeur attend concrètement

Le regard de l'auditeur

L'auditeur vérifie que l'organisme a mis en place un processus structuré pour garantir le respect des exigences du certificateur. Il ne se contente pas de vérifier l'existence d'un document : il s'assure que le processus est vivant, actualisé et effectivement appliqué. Deux axes sont particulièrement examinés.

1. Connaissance et respect des exigences du certificateur

L'auditeur attend que l'organisme dispose du référentiel d'évaluation à jour, du règlement des examens, et de l'habilitation ou de la convention avec le certificateur. Il vérifie que ces documents sont consultés et appliqués dans la pratique quotidienne.

2. Communication effective aux candidats

Les bénéficiaires doivent être informés des conditions de présentation à la certification : dates de sessions, documents à fournir, modalités d'évaluation, possibilités d'aménagement. L'auditeur recherche les traces de cette communication (courriels, convocations, livrets).

Applicabilité par type de prestation

AFC

Obligatoire

Actions de formation conduisant à une certification professionnelle.

CBC

Non concerné

Le bilan de compétences ne conduit pas à une certification.

VAE

Obligatoire

Accompagnement VAE vers une certification professionnelle.

CFA

Obligatoire

Centres de formation d'apprentis préparant à une certification.

Spécificités à connaitre

Spécificité VAE

Pour les accompagnements VAE, l'organisme doit demander au certificateur les conditions et calendriers de passage devant le jury. Cette démarche proactive doit être documentée : conservez les échanges écrits avec le certificateur et les informations transmises aux candidats sur les dates et modalités de jury.

Aménagements PSH

L'organisme doit anticiper les aménagements d'examens pour les personnes en situation de handicap. Cela implique de connaitre les procédures du certificateur en matière d'adaptation des épreuves (tiers-temps, assistance technique, formats alternatifs) et de les communiquer aux bénéficiaires concernés en amont.

Non chargé de l'évaluation

Si l'organisme n'est pas directement chargé de l'évaluation, il doit démontrer qu'il oriente les candidats vers l'évaluateur compétent. Communiquez clairement les modalités d'évaluation, les dates de sessions et les démarches à accomplir auprès du certificateur ou de l'organisme évaluateur.

Preuves attendues par l’auditeur

L’auditeur s’appuiera sur des éléments concrets pour évaluer votre conformité. Voici les principales catégories de preuves à préparer.

1

Habilitation et conventions

Habilitation délivrée par le certificateur, convention avec l'autorité de certification, référentiel d'évaluation en vigueur et règlement des examens. Ces documents prouvent que l'organisme est autorisé à présenter des candidats et qu'il connait les règles applicables.

2

Communication aux bénéficiaires

Informations transmises aux candidats sur les modalités de certification (convocations, courriels, livrets d'information), attestations de présentation, livret d'évaluations en cours de parcours. L'auditeur vérifie la traçabilité de cette communication.

3

Procès-verbaux et attestations

Procès-verbaux de sessions de certification, attestations de réussite ou de compétences délivrées, preuves d'aménagements mis en place pour les candidats PSH. Ces éléments démontrent que les exigences du certificateur sont effectivement respectées lors des évaluations.

Checklist de conformité

Point de contrôleOK
1L'organisme dispose de l'habilitation ou de la convention avec le certificateur, à jour et accessible.
2Le référentiel d'évaluation et le règlement des examens sont connus, à jour et appliqués dans la pratique.
3Les bénéficiaires sont informés des conditions et modalités de présentation à la certification (dates, documents, procédures).
4Les aménagements d'examens pour les personnes en situation de handicap sont anticipés et documentés.
5Les mises à jour des référentiels et règlements du certificateur sont suivies et intégrées dans les processus.
6En cas de VAE, les conditions et calendriers de jury ont été demandés au certificateur et communiqués aux candidats.

Nos conseils pratiques

Vérifiez les mises à jour des référentiels

Les certificateurs mettent régulièrement à jour leurs référentiels d'évaluation et leurs règlements d'examen. Mettez en place une veille systématique pour ne pas passer à côté d'une modification. Un référentiel obsolète appliqué lors d'une session d'évaluation constitue un manquement grave aux yeux de l'auditeur.

Tracez la communication aux candidats

Conservez systématiquement les preuves de communication aux candidats : convocations envoyées par courriel, accusés de réception, informations intégrées dans le livret de formation. L'auditeur vérifie que chaque candidat a reçu l'information nécessaire pour se présenter dans les conditions requises par le certificateur.

Anticipez les aménagements PSH

N'attendez pas la veille de l'examen pour vous préoccuper des aménagements. Identifiez les besoins dès l'entrée en formation, prenez contact avec le certificateur pour connaitre les procédures d'adaptation (tiers-temps, assistance, formats alternatifs) et formalisez les demandes dans les délais impartis. L'anticipation est la clé.

VAE : documentez les échanges avec le certificateur

Pour les accompagnements VAE, conservez toutes les traces d'échanges avec le certificateur concernant les conditions et calendriers de jury. Courriels, réponses officielles, calendriers communiqués : ces documents prouvent votre démarche proactive et votre conformité aux exigences de l'indicateur 16.

Non-conformités : ce qui fait échouer l’audit

Non-conformité majeure uniquement

Comme pour l'indicateur 15, l'indicateur 16 ne prévoit pas de non-conformité mineure. Toute défaillance constatée est directement qualifiée de non-conformité majeure.

Non-respect des exigences du certificateur : les conditions de présentation des candidats ne correspondent pas aux règles définies par l'autorité de certification. Les évaluations sont organisées en dehors du cadre réglementaire prévu.

Application partielle des exigences : certaines règles du certificateur sont respectées mais d'autres sont ignorées ou mal appliquées. Par exemple, les modalités d'évaluation sont conformes mais les délais d'inscription ou les documents requis ne sont pas respectés.

Inadéquation des conditions de présentation : les conditions matérielles ou organisationnelles dans lesquelles les candidats sont présentés ne correspondent pas aux exigences formelles du certificateur (locaux inadaptés, durées non conformes, jury non conforme).

Sous-traitance

Applicable en sous-traitance

Contrairement à certains indicateurs, l'indicateur 16 est applicable en situation de sous-traitance. Si vous intervenez en tant que sous-traitant sur une prestation certifiante, vous devez également vous assurer que les conditions de présentation à la certification respectent les exigences du certificateur. Coordonnez-vous avec le donneur d'ordres pour garantir la cohérence du processus et la traçabilité des preuves.

Questions fréquentes

L’indicateur 16 s’applique-t-il aux bilans de compétences (CBC) ?

Non. Les bilans de compétences ne conduisent pas à une certification professionnelle et ne sont donc pas concernés par l’indicateur 16. Seules les prestations aboutissant à une certification (AFC certifiantes, VAE, CFA) entrent dans le périmètre de cet indicateur. Si votre activité se limite aux bilans de compétences, vous pouvez ignorer cette exigence.

Que doit faire un organisme qui n’est pas chargé de l’évaluation finale ?

Si l’organisme n’assure pas lui-même l’évaluation, il doit démontrer qu’il oriente efficacement les candidats vers l’évaluateur compétent. Concrètement, cela signifie communiquer clairement les modalités d’évaluation, transmettre les coordonnées de l’organisme évaluateur, informer des dates de sessions disponibles et accompagner les candidats dans les démarches administratives d’inscription à l’examen.

Quelles sont les spécificités de l’indicateur 16 pour la VAE ?

Pour la VAE, l’organisme doit adopter une démarche proactive en demandant au certificateur les conditions et calendriers de passage devant le jury. Il ne suffit pas d’attendre que le candidat se renseigne seul. Documentez chaque échange avec le certificateur et transmettez systématiquement les informations obtenues aux candidats accompagnés. Cette traçabilité est essentielle pour démontrer votre conformité.

L’indicateur 16 est-il applicable en sous-traitance ?

Oui, l’indicateur 16 est pleinement applicable en situation de sous-traitance. Le sous-traitant doit s’assurer que les conditions de présentation respectent les exigences du certificateur, en coordination avec le donneur d’ordres. Cette responsabilité partagée nécessite une communication fluide et une répartition claire des rôles entre les deux parties.

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Mehdi Joyen
Mehdi Joyen

Expert en certification Qualiopi et fondateur de CertiFlash. Accompagne les organismes de formation vers l'excellence et la conformité.