L’indicateur 18 poursuit la logique du Critère 4 — Moyens et ressources mises en oeuvre en s’intéressant à la dimension humaine et organisationnelle des prestations. Après avoir vérifié que les moyens matériels et techniques sont adaptés (indicateur 17), le référentiel exige désormais de prouver que les personnes impliquées dans la délivrance des prestations sont identifiées, mobilisées et coordonnées de manière efficace.

Cet indicateur est particulièrement stratégique pour les organismes qui font intervenir plusieurs formateurs sur un même parcours, qui sous-traitent une partie de leurs prestations ou qui collaborent avec des acteurs externes (entreprises d’accueil, financeurs, certificateurs). La coordination n’est pas un concept abstrait pour l’auditeur : il s’attend à trouver des preuves tangibles de communication, de répartition des rôles et de suivi opérationnel entre les différentes parties prenantes.

Pour une vue d’ensemble de tous les indicateurs et de leur logique, consultez notre guide complet des 32 indicateurs Qualiopi.

Ce que dit le référentiel

Texte officiel — Indicateur 18

Le prestataire mobilise et coordonne les différents intervenants internes et/ou externes (pédagogiques, administratifs, etc.).

Deux verbes d’action structurent cette exigence. Le mot « mobilise » implique que les intervenants nécessaires sont effectivement identifiés et sollicités pour chaque prestation. Le mot « coordonne » va plus loin : il suppose l’existence de mécanismes de liaison entre ces intervenants, qu’ils soient internes (formateurs, responsables pédagogiques, assistants administratifs) ou externes (sous-traitants, entreprises d’accueil, tuteurs en entreprise, financeurs). L’auditeur ne se contentera pas d’une liste de noms : il cherchera la preuve d’une coordination réelle et opérationnelle.

Ce que l’auditeur attend concrètement

En pratique, l'auditeur cherche à valider ceci

Identifier les différents intervenants mobilisés pour chaque prestation et démontrer l'existence de mécanismes de coordination effectifs entre eux.

Concrètement, l'auditeur demandera à voir votre organigramme fonctionnel, la liste des intervenants par prestation, les fiches de poste ou lettres de mission définissant les rôles de chacun, ainsi que les preuves de coordination opérationnelle : comptes rendus de réunions pédagogiques, plannings partagés, échanges formalisés avec les sous-traitants ou les entreprises d'accueil. Il vérifiera que cette coordination se traduit par des actions concrètes et régulières, pas par des documents génériques jamais utilisés.

L’auditeur sera particulièrement attentif à la traçabilité de la coordination pour les parcours faisant intervenir plusieurs formateurs ou des sous-traitants. Un parcours de formation sur six mois avec trois formateurs différents et aucune trace de réunion pédagogique entre eux constitue un signal d’alerte immédiat.

Applicabilité par type de prestation

AFC

Obligatoire

CBC

Obligatoire

VAE

Obligatoire

CFA

Obligatoire

L’indicateur 18, comme l’indicateur 17, s’applique à l’ensemble des quatre catégories de prestataires. Toute prestation implique des acteurs à coordonner, qu’il s’agisse d’une équipe pédagogique interne, de sous-traitants, d’entreprises partenaires ou de financeurs. Même un formateur indépendant doit démontrer sa coordination avec les parties prenantes de ses prestations.

Spécificités par type de prestation

VAE : intervenants externes distincts des certificateurs et financeurs

Pour les organismes accompagnant des candidats à la VAE, le référentiel précise que les intervenants externes à coordonner sont distincts des certificateurs et des financeurs. Il s'agit notamment des experts métier sollicités pour la rédaction du dossier de validation, des professionnels mobilisés pour les mises en situation ou des membres de jury de branche. L'auditeur vérifiera que vous identifiez clairement ces intervenants et que leur coordination avec votre équipe pédagogique est formalisée et tracée.

Preuves attendues par l’auditeur

L’auditeur vérifiera que la coordination entre les acteurs est réelle, formalisée et tracée. Voici les catégories de preuves recevables pour démontrer votre conformité.

1

Organigramme fonctionnel et liste des intervenants

Un organigramme clair identifiant les fonctions de chaque acteur (responsable pédagogique, formateurs, référent handicap, responsable administratif, sous-traitants) et une liste nominative des intervenants par prestation ou par programme de formation. Ce document doit être actualisé à chaque changement dans l'équipe et indiquer les liens hiérarchiques ou fonctionnels entre les différents acteurs.

2

Contrats, conventions et fiches de poste

Contrats de travail ou de prestation des formateurs, conventions de sous-traitance, fiches de poste ou lettres de mission détaillant les responsabilités de chacun. Ces documents formalisent la répartition des rôles et permettent à l'auditeur de vérifier que chaque intervenant sait précisément ce qui est attendu de lui dans le cadre de la prestation.

3

Plannings de coordination et outils collaboratifs

Plannings partagés entre les intervenants, accès à un outil collaboratif (Google Workspace, Teams, Trello, Notion), calendriers d'intervention synchronisés. Ces outils démontrent que la coordination n'est pas seulement déclarative mais qu'elle repose sur des mécanismes opérationnels concrets permettant aux acteurs de travailler ensemble efficacement.

4

Comptes rendus de réunions et échanges formalisés

Comptes rendus de réunions pédagogiques, relevés de décisions, échanges e-mail archivés entre formateurs et responsables pédagogiques, rapports de suivi des sous-traitants, bilans de coordination avec les entreprises d'accueil (pour l'alternance). Ces documents constituent la preuve la plus directe que la coordination est réelle et régulière, et non une simple intention affichée dans un document qualité.

5

Preuves de coordination avec les acteurs externes

Correspondances avec les entreprises d'accueil des apprentis, échanges avec les financeurs (OPCO, Pôle emploi, Régions), comptes rendus de points d'étape avec les sous-traitants, retours formalisés des tuteurs en entreprise. Pour les CFA, la coordination avec les maîtres d'apprentissage constitue un point de vérification prioritaire pour l'auditeur.

Checklist de conformité

Avant de passer l’audit, vérifiez que chaque élément ci-dessous est bien en place dans votre organisation.

Point de contrôleOK
1Un organigramme fonctionnel clair et à jour identifie l'ensemble des acteurs impliqués dans les prestations (internes et externes), avec leurs rôles respectifs
2Les rôles et responsabilités de chaque intervenant sont formalisés dans des fiches de poste, lettres de mission, contrats ou conventions de prestation accessibles et archivés
3Des preuves de coordination effective existent et sont archivées : comptes rendus de réunions pédagogiques, échanges e-mail, relevés de décisions, bilans de suivi
4Les échanges avec les acteurs externes (entreprises, financeurs, sous-traitants, tuteurs) sont formalisés et traçables, avec une fréquence adaptée à la durée de la prestation

Nos conseils pratiques

Créez un organigramme fonctionnel clair et maintenez-le à jour

L'organigramme est le document de référence de l'indicateur 18. Il doit montrer qui fait quoi et comment les acteurs interagissent. Privilégiez un format visuel simple (schéma avec fonctions et liens) plutôt qu'un organigramme hiérarchique classique. Mettez-le à jour à chaque arrivée ou départ d'un intervenant, et archivez les versions précédentes pour démontrer l'évolution de votre organisation.

Formalisez les rôles de chaque intervenant par écrit

Chaque intervenant, qu'il soit salarié, prestataire externe ou partenaire, doit disposer d'un document précisant son rôle dans la prestation : fiche de poste, lettre de mission, cahier des charges de sous-traitance. Ce formalisme peut sembler contraignant mais il constitue la base sur laquelle l'auditeur évalue la qualité de votre coordination. Sans rôles définis, il n'y a pas de coordination possible.

Tracez systématiquement les échanges de coordination

La coordination au quotidien passe souvent par des échanges informels (appels téléphoniques, discussions en salle des formateurs, messages instantanés). Le réflexe à acquérir est de formaliser ces échanges : un court e-mail de synthèse après un appel téléphonique, un relevé de décisions après une réunion informelle, une note partagée sur un outil collaboratif. Ces traces transforment la coordination réelle en coordination démontrable.

Si vous êtes indépendant, démontrez votre coordination externe

Travailler seul ne vous exempte pas de l'indicateur 18. Vous coordonnez nécessairement avec vos clients (analyse des besoins, adaptation du contenu), vos financeurs (dossiers de prise en charge, bilans), vos éventuels sous-traitants et vos partenaires. Archivez les e-mails de coordination avec les entreprises, les échanges avec les OPCO, les comptes rendus de réunions de cadrage. Ces documents prouvent que vous ne travaillez pas en silo.

Non-conformités : ce qui fait échouer l’audit

L’indicateur 18 prévoit les deux niveaux de non-conformité. L’auditeur distingue le défaut ponctuel de coordination du défaut systémique de mobilisation des acteurs.

Non-conformité mineure

Un défaut ponctuel de coordination est constaté. Par exemple, l'organigramme n'est pas actualisé suite au départ récent d'un formateur, les comptes rendus de réunions pédagogiques ne sont pas systématiquement archivés, ou la coordination avec un sous-traitant sur une prestation spécifique n'est pas formalisée. L'auditeur constate que les mécanismes de coordination existent mais présentent une faille isolée nécessitant une correction.

Non-conformité majeure

La mobilisation des intervenants est partielle ou absente, et les défauts de coordination sont répétés sur plusieurs prestations. Aucun organigramme fonctionnel n'existe, les rôles des intervenants ne sont pas formalisés, aucune trace de coordination n'est disponible entre les formateurs intervenant sur un même parcours, ou les sous-traitants opèrent sans encadrement ni suivi. L'auditeur constate l'absence de système de coordination, ce qui compromet directement l'obtention ou le maintien de la certification Qualiopi.

Questions fréquentes

Que signifie concrètement « coordonner les acteurs » pour l’indicateur 18 Qualiopi ?

Coordonner les acteurs signifie mettre en place des mécanismes concrets pour que tous les intervenants d’une prestation travaillent de manière cohérente vers les mêmes objectifs. Cela passe par l’identification de chaque acteur et de son rôle (organigramme, fiches de poste), par l’organisation d’échanges réguliers (réunions pédagogiques, points d’étape) et par la traçabilité de ces interactions (comptes rendus, relevés de décisions, échanges archivés). L’auditeur ne se contente pas d’un document déclaratif : il veut voir les preuves que cette coordination se traduit par des actions concrètes et régulières au quotidien.

Un formateur indépendant travaillant seul est-il concerné par l’indicateur 18 ?

Oui, sans exception. Même un formateur indépendant qui délivre ses prestations seul interagit avec des acteurs externes qu’il doit coordonner : les entreprises clientes pour l’analyse des besoins et le suivi des apprenants, les financeurs (OPCO, France Travail) pour les dossiers de prise en charge, les éventuels sous-traitants techniques (hébergeur LMS, prestataire évaluation), le référent handicap si nécessaire. La clé est de documenter ces interactions : archiver les e-mails de cadrage, rédiger des comptes rendus de réunions téléphoniques, conserver les échanges avec les financeurs. Cela prouve à l’auditeur que vous ne travaillez pas de manière isolée mais dans un écosystème coordonné.

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Mehdi Joyen
Mehdi Joyen

Expert en certification Qualiopi et fondateur de CertiFlash. Accompagne les organismes de formation vers l'excellence et la conformité.