L’indicateur 13 porte sur un enjeu fondamental de la formation en alternance : la coordination entre les apprentissages dispensés en centre de formation et ceux acquis en entreprise. Rattaché au Critère 3 — Adaptation aux publics bénéficiaires, cet indicateur exige que le prestataire organise une progression cohérente entre les deux lieux d’apprentissage, en anticipant les missions confiées à l’apprenant. L’auditeur cherche à vérifier que l’alternance n’est pas une simple juxtaposition de périodes, mais un parcours pédagogique structuré et itératif.

Pour une vue d’ensemble de tous les indicateurs et de leur logique, consultez notre guide complet des 32 indicateurs Qualiopi.

Ce que dit le référentiel

Texte officiel — Indicateur 13

Pour les formations en alternance, le prestataire coordonne et assure la progressivité des apprentissages réalisés en centre de formation et en entreprise. Il anticipe les missions confiées au bénéficiaire afin d'articuler de manière itérative les enseignements et les mises en situation professionnelle.

La formulation met en évidence trois dimensions complémentaires. Premièrement, la coordination suppose un dialogue structuré entre le centre de formation et l’entreprise d’accueil. Deuxièmement, la progressivité signifie que les apprentissages doivent s’enchaîner selon une logique pédagogique, du plus simple au plus complexe. Troisièmement, l’anticipation des missions implique que les périodes en entreprise ne sont pas laissées au hasard mais planifiées en cohérence avec le programme de formation.

Ce que l’auditeur attend concrètement

En pratique, l'auditeur cherche à valider ceci

Une pédagogie de l'alternance effectivement mise en oeuvre, avec un processus formalisé d'articulation itératif entre les périodes en centre et les périodes en entreprise.

Concrètement, l'auditeur examinera vos outils de planification, vos carnets de suivi et vos comptes rendus de visites en entreprise. Il vérifiera que les missions confiées à l'apprenant en entreprise correspondent à la progression pédagogique prévue en centre. Il interrogera également la façon dont les retours d'expérience en entreprise alimentent les enseignements en centre, et inversement. Le processus doit être documenté, pas seulement oral.

Un point essentiel à retenir : l’auditeur ne se satisfait pas d’un planning d’alternance statique. Il attend des preuves d’un dialogue vivant entre les acteurs (formateurs, tuteurs, apprenants) et des ajustements en cours de parcours si nécessaire.

Applicabilité par type de prestation

AFC

Obligatoire

Formations en alternance uniquement.

CBC

Non concerné

Pas de dimension alternance.

VAE

Non concerné

Pas de dimension alternance.

CFA

Obligatoire

Coordination centre-entreprise obligatoire.

L’indicateur 13 concerne exclusivement les prestataires qui proposent des formations en alternance (AFC) et les centres de formation d’apprentis (CFA). Les bilans de compétences et la VAE ne comportant pas de dimension alternance, ils ne sont pas concernés par cet indicateur.

Spécificités selon le niveau d’audit

Nouveaux entrants (audit initial)

Lors de l'audit initial, l'auditeur vérifie que le processus de coordination est formalisé. Il s'agit de présenter un cadre documenté : planning d'alternance, outils de liaison prévus, modalités de suivi des missions en entreprise. La mise en oeuvre effective sera évaluée lors de l'audit de surveillance.

Audit de surveillance

À la surveillance, l'exigence monte d'un cran : l'auditeur vérifie la mise en oeuvre effective du processus. Il consultera des carnets de suivi remplis, des comptes rendus de visites réellement effectuées, des tableaux de bord mis à jour. Le processus ne doit plus être un document d'intention mais une réalité opérationnelle prouvée.

Preuves attendues par l’auditeur

L’auditeur examinera un ensemble de documents et d’outils qui démontrent la réalité de la coordination entre centre et entreprise. Voici les catégories de preuves à préparer.

1

Outils de liaison tripartites

Tout document formalisant le lien entre l'entreprise, le bénéficiaire et le prestataire de formation. Cela inclut les conventions de partenariat, les fiches de missions, les grilles de compétences partagées et les protocoles de communication entre les parties prenantes.

2

Carnet de suivi de l'alternance

Le carnet de suivi, qu'il soit papier ou numérique, constitue la colonne vertébrale de la coordination. Il trace les activités réalisées en entreprise, les compétences travaillées en centre, et les liens entre les deux. L'auditeur vérifiera qu'il est renseigné régulièrement par toutes les parties.

3

Plannings et comptes rendus de visites

Les plannings d'alternance montrent la répartition prévue entre centre et entreprise. Les comptes rendus de visites en entreprise prouvent que le formateur se déplace effectivement pour observer l'apprenant en situation, échanger avec le tuteur et ajuster le parcours si nécessaire.

4

Tableau de bord de progression

Un tableau de bord synthétique permettant de suivre l'avancement des apprentissages, la correspondance entre missions en entreprise et objectifs pédagogiques, et les éventuels écarts à corriger. Cet outil démontre une vision globale et pilotée de l'alternance.

5

Adaptations PSH

Pour les apprenants en situation de handicap, l'auditeur vérifiera que les outils de liaison intègrent des adaptations spécifiques. Les aménagements de poste en entreprise, les ajustements pédagogiques en centre et les modalités de suivi renforcé doivent être documentés dans les outils de coordination.

Checklist de conformité

Avant de passer l’audit, vérifiez que chaque élément ci-dessous est bien en place dans votre dispositif de coordination de l’alternance.

Point de contrôleOK
1Un processus écrit d'articulation entre les périodes en centre et en entreprise existe et est diffusé aux parties prenantes (formateurs, tuteurs, apprenants).
2Des outils de liaison (carnet de suivi, livret d'apprentissage) sont renseignés régulièrement par le centre, l'entreprise et le bénéficiaire.
3Les missions confiées en entreprise correspondent aux objectifs pédagogiques du programme et au diplôme ou à la certification visée.
4Des comptes rendus de visites en entreprise ou d'échanges avec les tuteurs sont tracés et archivés.
5Les adaptations pour les apprenants en situation de handicap sont intégrées dans les outils de coordination et de suivi.

Nos conseils pratiques

Formalisez un processus écrit d'articulation

Rédigez un document clair qui décrit comment les périodes en centre et en entreprise s'articulent. Ce processus doit préciser les rôles de chacun (formateur référent, tuteur, apprenant), les outils utilisés, la fréquence des échanges et les modalités d'ajustement en cours de parcours. L'auditeur doit pouvoir consulter ce document dès l'audit initial.

Instaurez un dialogue régulier avec les tuteurs

Ne vous contentez pas d'une visite annuelle en entreprise. Mettez en place des points réguliers (mensuels ou bimestriels) avec les tuteurs ou maîtres d'apprentissage. Tracez chaque échange par un compte rendu, même bref. Ces preuves de dialogue sont parmi les plus appréciées par les auditeurs car elles démontrent une coordination vivante et non administrative.

Adoptez un livret d'apprentissage numérique

Un livret d'apprentissage numérique (via un LMS ou un outil collaboratif) facilite énormément la traçabilité. Il permet à toutes les parties prenantes de renseigner les activités en temps réel, de visualiser la progression et de détecter les écarts. C'est un investissement qui simplifie considérablement la préparation de l'audit et la gestion quotidienne de l'alternance.

Vérifiez la cohérence missions-diplôme

Assurez-vous que les missions confiées à l'apprenant en entreprise correspondent effectivement aux compétences visées par le diplôme ou la certification. Un tableau de correspondance entre les blocs de compétences du référentiel et les missions en entreprise constitue une preuve particulièrement convaincante. L'auditeur y verra la preuve d'une alternance pensée et non subie.

Non-conformités : ce qui fait échouer l’audit

Comprendre les écueils les plus fréquents vous permet d’anticiper et de corriger avant le jour J. L’indicateur 13 distingue deux niveaux de gravité.

Non-conformité mineure

Mise en oeuvre partielle de la coordination de l'alternance. Par exemple, un carnet de suivi existe mais n'est renseigné que partiellement, ou les visites en entreprise sont planifiées mais les comptes rendus sont incomplets. Le processus est en place mais son exécution laisse à désirer sur certains points.

Non-conformité majeure

1. Absence totale de processus de coordination entre le centre de formation et l'entreprise.

2. Aucun outil de liaison ni de suivi de l'alternance n'est mis en place.

3. Les missions confiées en entreprise sont déconnectées du programme de formation et du diplôme visé.

4. Répétition de non-conformités mineures révélant un défaut systémique dans la coordination.

Sous-traitance

Cas particulier : prestation en sous-traitance

Lorsque votre organisme intervient en sous-traitance pour une formation en alternance, l'indicateur 13 reste applicable. Vous devez démontrer que la coordination avec l'entreprise d'accueil est effective, même si le donneur d'ordres est l'interlocuteur contractuel principal. Les outils de liaison, les visites en entreprise et le suivi de la progression relèvent de votre responsabilité en tant que prestataire de la formation.

Questions fréquentes

Que signifie concrètement la coordination de l’alternance pour Qualiopi ?

Il s’agit de démontrer que les apprentissages réalisés en centre de formation et en entreprise sont articulés de manière cohérente et progressive, avec des outils de suivi formalisés. L’auditeur veut voir que l’alternance est un parcours pédagogique construit, pas une alternance de périodes sans lien entre elles.

L’indicateur 13 concerne-t-il les bilans de compétences ou la VAE ?

Non, l’indicateur 13 ne s’applique qu’aux actions de formation en alternance (AFC) et aux centres de formation d’apprentis (CFA). Les bilans de compétences et la VAE ne sont pas concernés car ils ne comportent pas de dimension alternance entre centre et entreprise.

Quels outils de liaison sont acceptés par l’auditeur ?

L’auditeur accepte un large éventail d’outils : carnets de suivi (papier ou numérique), plannings d’alternance, comptes rendus de visites en entreprise, tableaux de bord de progression, livrets d’apprentissage et tout outil formalisant le dialogue entre le centre, l’entreprise et l’apprenant. L’essentiel est que ces outils soient effectivement utilisés et renseignés régulièrement.

Faut-il impliquer le tuteur en entreprise dans le processus de coordination ?

Oui, l’implication du tuteur ou maître d’apprentissage est un élément central de l’indicateur 13. L’auditeur vérifie que le dialogue avec le tuteur est formalisé et régulier. Des comptes rendus de visites, des échanges tracés par courriel ou des réunions documentées constituent des preuves solides de cette coordination tripartite.

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Mehdi Joyen
Mehdi Joyen

Expert en certification Qualiopi et fondateur de CertiFlash. Accompagne les organismes de formation vers l'excellence et la conformité.