100 % des audits de surveillance Qualiopi passent par l'indicateur 22. Et c'est l'un des quatre indicateurs du référentiel où la moindre faille est classée non-conformité majeure d'office, pas mineure, pas "à revoir d'ici la prochaine fois", majeure, avec correction sous 3 mois sous peine de retrait de certification.
Pourtant, c'est aussi l'un des moins préparés. La plupart des organismes de formation arrivent en audit avec un dossier "qualification des formateurs" bien rangé (CV, diplômes, années d'expérience) et croient avoir traité le sujet. Erreur. Ça, c'est l'indicateur 21. L'indicateur 22, c'est autre chose. Il ne demande pas si vos intervenants sont compétents. Il demande comment vous entretenez et faites progresser leurs compétences dans le temps.
L'auditeur ne cherche pas vos plus beaux CV. Il cherche la preuve qu'en 2026, vos formateurs ne forment pas avec leurs compétences de 2022. Pas de plan de développement vivant, pas d'entretiens professionnels datés, pas de traces d'actions de professionnalisation = NC majeure. Point final.
✅ La lecture exacte de l'indicateur 22 et ce que l'auditeur vérifie réellement
✅ La structure minimale d'un plan de développement des compétences qui passe l'audit
✅ La trame d'entretien professionnel audit-ready (datée, signée, avec objectifs)
✅ La checklist copiable des preuves à classer dossier par dossier
Indicateurs couverts : 21 (Compétences des acteurs), 22 (Développement des compétences)
Ce que dit vraiment le référentiel
Le texte officiel de l'indicateur 22 est court : trois lignes. Mais chaque mot pèse.
« Le prestataire entretient et développe les compétences de ses salariés, adaptées aux prestations qu'il délivre. »
Deux verbes. Deux exigences distinctes.
Entretenir : maintenir à niveau ce qui existe. Vos formateurs en bureautique connaissent la version d'Excel sortie l'an dernier ? Vos référents handicap sont à jour des évolutions de l'AGEFIPH ? Vos formateurs SST ont fait leur MAC dans les délais ? C'est ça, entretenir.
Développer : acquérir des compétences nouvelles. Nouveau dispositif réglementaire, nouveau public, nouvelle modalité pédagogique, nouvelle certification ouverte au catalogue. Sans démarche active d'acquisition, votre équipe stagne, et le référentiel ne tolère pas la stagnation.
L'indicateur 21 demande : « Vos formateurs sont-ils compétents ? »
L'indicateur 22 demande : « Que faites-vous pour qu'ils le restent et progressent ? »
Deux questions, deux dossiers, deux jeux de preuves. Ne les confondez jamais.
La règle CertiFlash : un dossier qualification ne remplace JAMAIS un dossier développement. Vous pouvez avoir le formateur le plus diplômé de France, s'il n'a suivi aucune formation en deux ans et que vous n'avez pas d'entretien professionnel daté avec lui, vous tombez en NC majeure sur 22. Indépendamment de l'indicateur 21.
L'angle auditeur : ce que l'auditeur vérifie réellement
Sur l'indicateur 22, l'auditeur ne se contente pas de feuilleter votre classeur. Il triangule. Il croise trois sources d'information pour vérifier qu'il existe une dynamique réelle, pas un dossier construit la veille de l'audit.
« Je veux voir un plan de développement qui couvre tout le personnel impliqué dans la prestation, pas seulement les formateurs vedettes. Je veux des entretiens professionnels datés, signés des deux côtés, avec des objectifs de développement écrits noir sur blanc. Et je veux les attestations qui prouvent que ces objectifs ont été suivis d'effet. Si l'un des trois manque, c'est NC majeure. »
Concrètement, il regardera trois choses.
1. Existence d'un plan de développement des compétences
Un document structuré qui identifie, pour chaque collaborateur ou catégorie de personnel, les besoins de développement, les actions prévues, et un calendrier. Pas un fichier Word vide intitulé "Plan de formation". C'est un outil de pilotage. L'auditeur va vous demander quand il a été mis à jour pour la dernière fois. Si la réponse est "il y a deux ans" ou "la semaine dernière en prévision de l'audit", vous êtes mort.
2. Mobilisation effective des leviers
Le plan ne suffit pas. Il faut prouver que les actions prévues ont été réalisées et tracées. Formations internes, formations externes, conférences, webinaires, certifications obtenues, participations à des communautés de pairs : chaque levier mobilisé doit être adossé à un justificatif daté.
3. Couverture de l'ensemble du personnel
C'est le piège le plus fréquent. Le développement des compétences ne concerne pas que les formateurs. Référent handicap, coordinateur pédagogique, assistant administratif en contact avec les bénéficiaires, responsable qualité : tous doivent figurer dans la démarche. Un plan qui ne traite que les formateurs est un plan partiel, donc une NC majeure.
Applicabilité par type de prestation
L'indicateur 22 est obligatoire sur les quatre catégories de prestations auditables Qualiopi.
Obligatoire
Obligatoire
Obligatoire
Obligatoire
Pas d'exception. Même un formateur indépendant qui ne fait que de l'AFC est concerné : à charge pour lui de documenter son propre développement (voir plus bas).
Le livrable : un plan de développement des compétences audit-ready
C'est la première preuve que demandera l'auditeur. Voici la structure minimale qui passe l'audit, sans surcharge inutile.
Structure minimale du plan
Un tableau, une feuille de calcul, un fichier, peu importe le format. Ce qui compte, c'est qu'on y trouve les colonnes suivantes pour chaque collaborateur ou catégorie de personnel :
PLAN DE DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES : [Nom de l'OF] : Année 2026
| Personne / Fonction | Compétences actuelles | Besoins identifiés | Actions prévues | Date prévue | Statut | Justificatif |
|----------------------------|------------------------|-------------------------|---------------------------|-------------|--------------|--------------|
| Jean D., Formateur SST | SST + MAC à jour | Évolution pgme 2026 | MAC SST + module gestes | 2026-09 | Planifié | À recevoir |
| Sophie L., Formatrice TIC | Excel 2021, Power BI 1 | Excel 365 + Power BI 2 | Formation externe 14h | 2026-06 | Réalisé | Attestation X|
| Karim B., Réf. handicap | Sensibilisation 2024 | MAJ AGEFIPH + RQTH | Webinaires AGEFIPH x4 | 2026 trim. | En cours | Attestations |
| Anne M., Admin pédago | Gestion EDOF 2024 | Réforme CPF 2026 | Webinaire CDC + atelier | 2026-05 | Réalisé | Capture+att. |
Cinq éléments doivent obligatoirement apparaître :
- Personnel concerné (nom + fonction)
- Besoins identifiés (formulés clairement, pas "à voir")
- Action prévue (datée, identifiée, finançable ou tracée)
- Statut d'avancement (planifié / en cours / réalisé)
- Référence du justificatif (numéro de classeur, attestation, lien)
(Indicateur 22 : Développement des compétences)
La trame d'entretien professionnel audit-ready
L'entretien professionnel est l'outil pivot de l'indicateur 22. Il est aussi une obligation légale (article L6315-1 du Code du travail : tous les 2 ans pour les salariés). Mais ce que l'auditeur regarde, ce n'est pas la conformité légale : c'est le contenu. Une trame audit-ready intègre obligatoirement :
- Date et lieu de l'entretien
- Identité des deux parties (salarié + responsable)
- Bilan des compétences mobilisées sur la période écoulée
- Identification des besoins de développement (avec les mots du salarié + ceux de l'employeur)
- Actions de développement décidées, datées
- Signatures des deux parties
Sans signature, l'entretien n'existe pas pour l'auditeur. Sans date, idem. Sans objectifs de développement écrits noir sur blanc, vous n'avez qu'une discussion, pas une preuve.
« Sur les entretiens professionnels, je regarde trois choses : la date est-elle cohérente avec l'obligation des 2 ans ? Les deux parties ont-elles signé ? Y a-t-il un objectif de développement écrit ? Si l'un des trois manque, l'entretien ne compte pas dans mon évaluation de l'indicateur 22. »
Cas particulier : les indépendants sans salariés
Question récurrente : « Je suis seul, je n'ai pas de salariés, ça ne me concerne pas, non ? »
Si. L'indicateur 22 s'applique à tous les prestataires sans exception. Un indépendant doit documenter sa propre démarche de développement. L'auditeur ne s'attend pas à un plan formalisé sur 20 pages, mais il attend la preuve d'une dynamique active.
Ce qui constitue une preuve pour un indépendant
- Attestations de formations suivies (CPF, Pôle Emploi, OPCO, financement personnel)
- Certificats obtenus (TOSA, ICDL, certifications métier, MAC SST, etc.)
- Captures de complétion de MOOC ou de parcours e-learning
- Participations à des webinaires (capture du certificat de présence)
- Adhésion à un réseau professionnel ou à une communauté de pratiques
- Comptes rendus de groupes d'analyse de pratiques
- Lectures professionnelles tracées (revues spécialisées, ouvrages avec date d'achat)
Un journal de bord daté, alimenté au fil de l'eau, avec une dizaine d'entrées sur l'année écoulée, fait largement l'affaire. Pas de zone grise : si l'auditeur demande « Quelles formations avez-vous suivies cette année ? », vous devez sortir le justificatif sur-le-champ.
Erreurs fréquentes : ce qui fait passer en NC majeure
L'indicateur 22 ne prévoit que des NC majeures. Trois mois pour corriger, sous peine de retrait de certification. Voici les pièges les plus fréquemment relevés en audit de surveillance.
L'organisme dispose d'un fichier "plan de formation" qui ne couvre que deux formateurs sur les six intervenants. Le référent handicap et le personnel administratif n'y figurent pas.
L'auditeur conclut à l'absence de vision structurée. NC majeure.
Tableau avec une ligne par intervenant et par fonction support (référent handicap, administratif, coordinateur pédagogique), mis à jour à la fin de chaque trimestre, signé par le dirigeant.
L'auditeur voit un outil vivant, utilisé pour piloter, pas un alibi documentaire.
Aucun compte rendu d'entretien professionnel n'est produit. Le dirigeant explique qu'« on se parle souvent, on n'a pas besoin de papier ».
Sans trace écrite datée et signée, l'auditeur ne peut rien vérifier. NC majeure systématique.
Un dossier par salarié contient le compte rendu d'entretien professionnel daté de moins de 24 mois, signé des deux parties, avec une rubrique « Objectifs de développement » remplie.
L'auditeur peut tracer le lien entre besoin identifié et action engagée.
Le dirigeant affirme oralement que ses formateurs ont suivi « plein de webinaires ». Aucune attestation n'est produite. Aucun budget formation n'apparaît dans les comptes.
L'auditeur ne croit pas sur parole. NC majeure pour absence de traçabilité.
Pour chaque intervenant, un sous-dossier numérique nominatif rassemble les attestations, captures de complétion, certificats obtenus, comptes rendus de webinaires. Alimenté au fil de l'eau.
L'auditeur peut vérifier dossier par dossier en moins de 5 minutes.
Autres erreurs à éviter
- Confondre formation et information. Un webinaire d'1h sur une nouveauté réglementaire ne suffit pas à prouver un développement de compétence. C'est de la veille (indicateurs 23 à 25), pas du développement.
- Compter les heures d'enseignement comme du développement. Le fait de former ne fait pas progresser le formateur. Il faut une action reçue, pas dispensée.
- Présenter le diplôme initial comme une preuve de développement. Un master obtenu en 2015 prouve la qualification (indicateur 21), pas le développement (indicateur 22).
- N'avoir aucune ligne budgétaire formation. En entreprise, l'absence totale de budget formation interpelle l'auditeur. Même 200 € par an, c'est mieux que 0.
- Préparer le dossier la semaine de l'audit. Toutes les attestations datées du même mois, c'est le signal d'alarme numéro 1. L'auditeur le repère immédiatement.
Arborescence documentaire à mettre en place
Voici l'arborescence type recommandée par CertiFlash. Copiez-la, adaptez-la, mais gardez la même logique de classement.
05_Personnel_competences/
├── 5.1_Plan_developpement_competences/
│ ├── plan-dev-2026.xlsx
│ ├── plan-dev-2025-archive.xlsx
│ └── historique-revisions.md
├── 5.2_Entretiens_professionnels/
│ ├── Jean_DUPONT/
│ │ ├── entretien_2024-06-15_signe.pdf
│ │ └── entretien_2026-05-20_signe.pdf
│ ├── Sophie_LEROY/
│ └── Karim_BENALI/
├── 5.3_Justificatifs_developpement/
│ ├── Jean_DUPONT/
│ │ ├── attestation_MAC-SST_2026-03.pdf
│ │ ├── certificat_module-gestes_2026-04.pdf
│ │ └── capture_webinaire_INRS_2026-02.png
│ ├── Sophie_LEROY/
│ └── Karim_BENALI/
├── 5.4_Budget_et_factures_formation/
│ ├── 2026-facture-organisme-X.pdf
│ └── synthese-budget-formation-2026.xlsx
└── 5.5_Dynamique_collective/
├── CR_reunions_pedagogiques_2026.md
├── inscriptions_colloques_2026.md
└── adhesions_reseaux_pro.pdf
La règle CertiFlash : ce qui n'est pas dans un dossier nominatif n'existe pas pour l'auditeur. Une attestation perdue dans un classeur générique « Formations » ne sera jamais reliée à la bonne personne le jour de l'audit. Classez par individu. Toujours.
Checklist de conformité copiable
À copier dans votre système qualité et à cocher avant chaque audit (initial, surveillance ou renouvellement).
□ Un plan de développement des compétences existe sous forme de tableau ou matrice
□ Le plan couvre l'ensemble du personnel impliqué dans la prestation
(formateurs + référents + administratifs + coordinateurs)
□ Le plan identifie, pour chaque personne : besoins, actions, dates, statut
□ Le plan a été mis à jour il y a moins de 6 mois
□ Un entretien professionnel a été conduit avec chaque salarié dans les 24 derniers mois
□ Chaque compte rendu d'entretien est daté, signé par les deux parties
□ Chaque entretien comporte une rubrique « Objectifs de développement »
□ Pour chaque salarié, un dossier nominatif "développement" centralise les justificatifs
□ Chaque justificatif est daté et opposable (attestation, certificat, capture datée)
□ Les indépendants sans salariés tiennent un journal personnel de développement
□ Une ligne budgétaire formation existe dans les comptes (sauf indépendants)
□ Le plan distingue actions d'entretien (MAJ) et actions de développement (nouveau)
□ Le référent handicap a suivi au moins une action de professionnalisation dans l'année
□ Aucune attestation n'est concentrée sur le mois précédant l'audit
FAQ
Comment prouver le développement des compétences pour l'indicateur 22 Qualiopi ?
L'auditeur attend un faisceau de preuves cohérent : un plan de développement formalisé et actualisé, des comptes rendus d'entretiens professionnels datés et signés, des attestations de formation continue, et des justificatifs de participation à des dispositifs de professionnalisation (webinaires, communautés de pairs, colloques). L'ensemble doit démontrer une démarche active et continue, pas une action ponctuelle réalisée avant l'audit.
L'indicateur 22 s'applique-t-il aux formateurs indépendants sans salariés ?
Oui. Sans exception. Un indépendant doit documenter sa propre démarche de développement : formations suivies avec attestations, webinaires et MOOC complétés, certifications obtenues, participation à des réseaux d'échange de pratiques. L'auditeur n'attend pas un plan formalisé complexe, il attend la preuve d'une dynamique active et régulière.
Quelle est la différence entre les indicateurs 21 et 22 ?
L'indicateur 21 porte sur la détermination, la mobilisation et l'évaluation des compétences existantes : avez-vous identifié les compétences nécessaires et vérifié que vos intervenants les possèdent ? L'indicateur 22 concerne le développement et l'entretien de ces compétences dans le temps : investissez-vous activement dans la progression de votre personnel ? Le premier vérifie l'adéquation à un instant donné, le second la dynamique sur la durée.
Les entretiens professionnels sont-ils obligatoires pour l'indicateur 22 ?
Ils ne sont pas strictement listés comme obligatoires dans le texte de l'indicateur, mais ils constituent le levier le plus scruté par l'auditeur, et ils sont par ailleurs une obligation légale du Code du travail (article L6315-1, tous les 2 ans). Un organisme qui ne réalise pas d'entretiens professionnels expose son indicateur 22 à une NC majeure quasi automatique.
Quel budget formation prévoir pour passer l'indicateur 22 ?
Il n'existe pas de seuil officiel. Dans la pratique, un budget formation visible dans les comptes (même symbolique, à partir de 200-500 € par an pour les TPE) facilite grandement la démonstration. Au-delà du montant, c'est la régularité et la diversité des leviers mobilisés qui font la différence.
Que faire si l'audit relève une NC majeure sur l'indicateur 22 ?
Vous disposez de 3 mois maximum pour produire les preuves correctives. Plan de développement à jour, entretiens manquants à rattraper et à signer, attestations à rassembler, dossiers nominatifs à constituer. Au-delà, l'organisme de certification peut prononcer une suspension ou un retrait de certification. Ne sous-estimez jamais une NC majeure sur cet indicateur.
L'indicateur 22 est-il vérifié à l'audit initial ?
Oui. Lors de l'audit initial, l'auditeur sera plus tolérant sur le volume de preuves réalisées (un OF nouvellement créé n'a pas encore 12 mois de plan derrière lui), mais il sera intransigeant sur le formalisme en place : le plan est-il rédigé ? Les outils d'entretien sont-ils prêts ? Une démarche est-elle engagée ? L'absence de cadre, même chez un nouvel entrant, reste une NC majeure.
Conclusion
L'indicateur 22 sanctionne durement les organismes qui considèrent la qualification du personnel comme un acquis. Le référentiel pose une exigence claire : les compétences se construisent dans le temps, et un OF qui n'investit pas dans la progression de ses équipes ne mérite pas la certification.
La bonne nouvelle, c'est que cet indicateur est l'un des plus simples à sécuriser si on s'y prend en amont. Trois actifs documentaires : un plan vivant, des entretiens datés et signés, des dossiers nominatifs alimentés au fil de l'eau. Pas plus, pas moins.
La règle CertiFlash : un plan de développement qui ne bouge pas n'est pas un plan, c'est un alibi. Ouvrez-le chaque trimestre. Cochez les actions réalisées. Ajoutez les nouvelles. Le jour de l'audit, vous n'aurez rien à préparer, tout sera déjà là.
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